Crise du lait :

C'est le capitalisme qui déborde !


23 septembre 2009

Alors que les actions des producteurs laitiers se multiplient, le gouvernement n’apporte que des réponses insatisfaisantes aux difficultés de ces milliers d’exploitants mobilisés.

Les communistes, particulièrement ceux de l’Eure, sont solidaires des producteurs laitiers.

Nous n’oublions pas que Bruno Le Maire est ministre de l’agriculture et ancien secrétaire d’Etat aux affaires européennes et sera tête de liste pour l’UMP aux élections régionales en Haute-Normandie.

Vous trouverez ici un communiqué de presse de la Commission nationale Agriculture-Pêche-Forêt du PCF.


Je contribue


Posté le mercredi 23 septembre 2009 par Eric
C’est le capitalisme qui déborde !

Bonjour Jacques,

Je ne pense pas qu’il y ait contradiction entre ce que propose dit la Commission Agriculture du PCF et vos propos.

Sur la "quantité" de lait, effectivement, cette crise ne s’explique pas par une question de volumes : jusque là, tous les volumes produits ont été "consommés" par la filière, en lait UHT, en laitages divers. Cette interpellation sur "trop de lait ?" fait référence à la proposition européenne de rachats de quotas pour diminuer les volumes produits. Devenir importateurs nets de lait au niveau européen ne résoudra pas les problèmes de prix des laitiers européens et créera un appel d’air vers l’Europe, au détriment de zones actuellement productrices (Nouvelle Zélande) ou qui pourraient se mettre à le faire (Brésil, Kénya) au détriment des productions alimentaires locales.

L’idée de "taxation des importations abusives pillant les agricultures locales afin de financer la relocalisation des productions." n’est pas une mesure à sens unique mais elle est conçue dans le cadre d’une démarche mondiale de sécurité alimentaire. Quand on voit des milliers d’hectares de terres agricoles vivrières se convertirent en surfaces de production de cultures d’exportation dans les pays en voie de développement où sévissent faim ou malnutrition, cette mesure de relocalisation des productions profite à tous : paysans du nord et population du sud.

Posté le mercredi 23 septembre 2009 par Berthelot Jacques
C’est le capitalisme qui déborde !

Je ne doute pas de votre bonne foi mais vous dérapez quand vous écrivez ""Trop de lait vraiment ? Ø Pour le milliard et plus d’êtres humains dans le monde qui souffre de la famine et de mal nutrition. Ø Pour les 9 milliards d’êtres humains à nourrir demain. Pour l’enfant de moins de 10 ans qui toutes les 5 secondes meurt". C’est le même discours que Louis Michel, Ministre de la Coopération belge et ex-Commissaire au développement de l’UE qui écrivait hier que "Le lait que certains agriculteurs déversent depuis quelques jours dans les champs, en Belgique et dans d’autres pays européens, pourrait être transformé en poudre de lait et envoyé dans des pays frappés par une grande famine, comme la Somalie, l’Ethiopie et le Kenya", Michel écrit lui aussi que "un enfant meurt de faim toutes les 5 secondes". Je vous invite à regarder la présentation ppt que j’avais faite en juillet dernier comparant "la vache qui rit (du Kenya) à celle qui pleure (d’Afrique de l’Ouest)" http://www.solidarite.asso.fr/home/textes2008fras.htm : 1) Alors que le Kenya a des exportations nettes de produits laitiers en équivalent-lait, les importations nettes de l’Afrique de l’Ouest (AO) représentaient 64% de la production en 2007. 2) La production de lait d’AO n’a augmenté que de 30% de 2000 à 2007 quand celle du Kenya augmentait de 84%. Celle du Kenya, avec 37,8 millions (M) d’habitants en 2007, était supérieure de 54% à celle de l’AO avec 284,4 M d’habitants ! Pourtant l’AO comptait 56,4 M de bovins en 2007 sur 193 M d’ha de pâturages et prairies permanentes contre 12,9 M de bovins sur 21 M d’ha au Kenya. Même si la qualité des pâturages est meilleure au Kenya dans beaucoup de zones. 3) Les 4,4 M de tonnes de 2007 ou 4,3 milliards de litres correspondent à une consommation de 112 litres par habitant (38 M d’habitants) soit 3,2 fois plus que les 35 litres en moyenne de l’Afrique sub-saharienne. 4) Les raisons de ce succès du Kenya sont aussi les principales faiblesses des pays d’AO : a) un droit de douane dissuasif sur la poudre de lait (60% contre 5% dans l’UEMOA), droit de douane passé de 25% en 1999 à 35% en 2002 et à 60% depuis 2004. Or la poudre de lait a représenté en 2008 97% des exportations et 95% des importations en volume et 92% des exportations et 89% des importations en valeur. Les échanges de produits laitiers du Kenya sont passés d’une position nettement déficitaire de 2000 à 2003 à un excédent croissant depuis 2003, en volume comme en valeur.

Puisque vous réclamez pour l’UE de "Taxer les importations abusives pillant les agricultures locales afin de financer la relocalisation des productions.", la moindre des choses est d’étendre cette politique aux pays les plus pauvres afin que les enfants ne meurent plus. Jacques Berthelot Membre du Conseil scientifique d’ATTAC