
Devant l’ampleur tragique de cette répression, il est honteux qu’un Ministre de la République française puisse ainsi cautionner une telle violence d’Etat. Des dizaines de personnes, plus de 50 dans le centre du pays et notamment à Kasserine selon des sources syndicales, et singulièrement des jeunes, ont été tués par ce régime féroce, corrompu et sans principe. Toutes les professions du pays sont en révolte. Des ouvriers aux comédiens et artistes en passant par des avocats ... ont été frappés par la police.
Les déclarations scandaleuses de Bruno Lemairetraduisent cette forme de complicité et de soutien permanent que les autorités françaises accordent depuis si longtemps au régime voyou de Ben Ali.
Je demande des autorités françaises une condamnation très ferme de la répression en Tunisie. La France doit exiger le respect des libertés, la libération des personnes emprisonnées. Tous les moyens politiques, économiques et financiers doivent être utilisés pour sanctionner et isoler le régime de Ben Ali, en s’appuyant sur les forces démocratiques sociales et politiques du pays. Avec ses partenaires européens, la France doit décider immédiatement la suspension de l’accord d’association UE/Tunisie.
Le PCF est totalement solidaire du peuple de Tunisie et des forces de l’opposition démocratique de ce pays qui agissent avec courage pour un vrai changement et pour en finir avec le dictateur de Tunis et son clan.
Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF,
Paris, le 11 janvier 2011.
Bruno Lemaire a entre autre déclaré sur Canal + mardi 11 janvier : ’Je n’ai pas à qualifier le régime tunisien. Je suis français, je n’ai pas à juger de l’extérieur comme ça un gouvernement étranger" et " Le président Ben Ali est quelqu’un qui est souvent mal jugé (mais) il a fait beaucoup de choses. On peut critiquer après certains aspects, être toujours vigilant sur les droits de l’homme, mais c’est un pays qui a connu de vraies difficultés."
Le gouvernement français est curieusement plus prompt à réagir quand il s’agit d’autres pays !