le 16 août 2012
Du 21 au 30 juillet, une délégation de cinq jeunes communistes s’est rendue au camp d’été international organisé en Italie par les camarades de la Fédération nationale de la jeunesse communiste (FGCI) et des jeunes communistes (GC) italiens. Sous le nom de « Red village », ce camp était placé sous le signe de l’échange politique autour de diverses questions (austérité, Europe, université) avec des moments de festivité entre camarades venus des quatre coins de l’Europe. L’Italie, quand l’austérité s’accompagne de la technocratie
Ce voyage était l’occasion surtout l’occasion de mieux connaître l’austérité en Italie, dans la troisième économie de la zone euro. Les camarades nous ont expliqué la violence des mesures du gouvernement de Mario Monti qui se fait l’applicateur zélé des directives européennes pour casser les services publics, baisser les salaires (le fameux « coût du travail ») et détruire la protection sociale des travailleurs. Ce gouvernement antipopulaire étant par ailleurs un gouvernement antidémocratique car non élu. Composé de technocrates issus du monde bancaire, ce gouvernement a été littéralement désigné par la Commission européenne en novembre 2011. Les camarades italiens bataillent sur cette régression autoritaire puisque des gouvernants non élus appliquent des mesures antipopulaires. L’Italie symbolise ainsi le passage en force des capitalistes qui n’hésitent plus à passer outre les scrutins électoraux pour démanteler les droits sociaux en prenant prétexte de la crise. Les camarades espagnols, grecs ou moldaves ont par ailleurs souligné les dérives autoritaires à l’œuvre dans leur pays avec une répression des mouvements sociaux et forces progressistes de plus en plus violente pour imposer l’austérité. Des analyses communes sur la sortie de crise et l’Europe
Ce séjour a été l’occasion de voir les convergences de nos analyses sur la crise, outil de destruction des droits sociaux. Plus qu’une simple analyse, nous avons pu constater des solutions communes pour sortir de l’austérité. En s’attaquant à la domination des marchés, il s’agit d’utiliser les richesses créées par les travailleurs pour investir dans les enjeux futurs et répondre aux besoins sociaux, notamment dans l’éducation. Les mouvements sociaux forts dans les universités ou pour l’accès à l’eau publique montrent le potentiel de mobilisation dans le pays. La jeunesse était évidemment au cœur de nos préoccupations et nous avons échangé sur nos batailles respectives. Notre campagne pour un statut social en faveur des jeunes a trouvé un certain écho : les camarades italiens mènent notamment une bataille similaire pour exiger un salaire social pour permettre aux jeunes de subvenir à leurs besoins fondamentaux. En Espagne, les jeunes communistes mènent bataille avec leurs députés pour l’adoption d’une loi garantissant un statut social aux jeunes.
La question européenne est logiquement revenue dans nos discussions. Face à cette construction qui se fait au service des capitalistes, nous voulons opposer une Europe au service des peuples et du progrès social en prenant exemple notamment sur l’expérience régionale en cours en Amérique du Sud. Il nous faut changer d’institutions pour répondre à ces objectifs. Avec des analyses et des interventions similaires, nous avons fait le constat de mieux nous coordonner pour construire des actions communes.
L’internationalisme : un principe plus que jamais d’actualité !
La lutte contre l’impérialisme et pour le droit à l’autodétermination des peuples font partie de nos principes intangibles. Nous avons échangé sur nos analyses de la situation internationale. Notre bataille Palestine a été largement appréciée car ce conflit a une résonance particulière en Europe. Nous pensons qu’il faut interpeller nos gouvernants pour la reconnaissance d’un État palestinien par le biais de mobilisations d’ampleur. La situation au Moyen-Orient reste préoccupante à nos yeux et nous n’hésiterons pas à nous mettre en action face à une aventure impérialiste en Syrie. Nous restons vigilants pour contrer les ingérences des grandes puissances pour servir les intérêts des multinationales.
Rassembler les forces populaires pour vaincre l’austérité
Les camarades italiens commencent un processus de rassemblement des forces communistes et progressistes pour donner une réponse politique aux mobilisations sociales contre l’austérité : c’est la Fédération de la gauche. Leur première priorité sera de battre le gouvernement aux prochaines élections législatives et faire gagner la gauche. En s’appuyant sur les expériences grecques (SYRIZA) et françaises (Front de gauche), ils veulent allier le combat dans la rue et dans les urnes. Nous avons fait le constat que nos organisations de jeunesse doivent rassembler ceux qui veulent apporter d’autres réponses que celles imposées par les capitalistes.
Ce camp a été riche en débats et en émotions ! Nous saluons les camarades italiens pour leur accueil ! Après le temps des échanges, vient celui du combat pour être à l’offensive face à un capitalisme tous les jours plus inhumain !