Marseille
Un appel à refonder la République de Pierre Laurent
vendredi 4 janvier 2013
par Eric
Fédération de l’Eure du PCF ::: http://www.27.pcf.fr

Voici un extrait du discours de Pierre Laurent appelant à la mobilisation pour refonder la République !

Pour le discours intégral, vous pouvez regarder la vidéo ou télécharger le pdf.


Mesdames et messieurs, Chers amis, chers camarades,

Nous sommes réunis ici, dans cette belle et grande ville populaire de Marseille, pour lancer un appel.

Oui, ici en 2012, 220 ans après la proclamation de la République, nous le clamons haut et fort : la République, notre République, est à refonder.

Oui, la République, celle qui clame sur ses frontons « Liberté, Egalité, Fraternité », celle qui ne reconnaît que la souveraineté populaire, doit reprendre le combat.

Parce qu’elle est abîmée, défigurée, salie. Abîmée par l’indécence des inégalités et la violence des discriminations ; défigurée par l’arrogance des pouvoirs de l’argent, le poison des divisions et des concurrences à outrance ; salie par le racisme banalisé du Front national et d’une partie grandissante de l’UMP.

La République a toujours été un combat. La France a progressé et rayonné dans le monde chaque fois qu’elle s’est hissée au devant de ses valeurs fondatrices. Elle s’est déshonorée chaque fois qu’en son nom, ces valeurs ont été trahies...

La République n’est elle-même que quand elle fait vivre au quotidien, Qu’un peuple, qu’une nation décrète l’abolition des privilèges, proclame que « tous les hommes naissent libres et égaux en droits », et en fasse sa loi suprême, on n’a rien fait de plus révolutionnaire depuis...

Les privilégiés, hier ceux de l’Ancien régime, aujourd’hui les nouveaux aristocrates de la finance, ne s’y sont jamais résolus. Ils n’ont jamais cessé, pour entraver ces principes, d’en limiter la portée, de diviser, d’opposer, de discriminer, de séparer, de hiérarchiser, de mettre en concurrence les individus entre eux...

Nous voulons une société d’individus librement associés, solidaires et égaux en droits. Eux défendent une société d’exploitation de l’homme par l’homme...

Aujourd’hui à nouveau, mes amis, mes camarades, il faut pousser les privilégiés vers la porte. Notre République souffre trop. L’heure de l’audace, celle de l’égalité, a de nouveau sonné...

Et tant que nous sommes divisés, les privilégiés règnent. Ils nous isolent, ils nous opposent. Et la division des exploités, des dominés c’est leur force...

Il y a des milliards qui vont et viennent d’un bout de la planète à l’autre par de simples clics informatiques comme si le monde se réduisait à une gigantesque caisse enregistreuse. C’est nous, par notre travail, qui mettons cet argent en caisse, mais nous n’en tirons aucun bénéfice...

Le matraquage sur l’austérité, sur la compétitivité, qui ignorent toutes ces fortunes capitalistes qui se gavent sur notre travail, est leur arme de division massive. Chacun est renvoyé à lui-même...

Oui, tant que nous sommes divisés, ils règnent...

En vérité, la République est malade de la violence du fric, malade de la loi du plus fort, malade de la précarité généralisée et du chacun pour soi...

Mais c’est le système du fric, et ses valeurs de compétition et de concurrence qui opposent et tuent nos solidarités...

Quand Mittal, le financier de l’acier, dispose à lui seul du pouvoir de vie ou de mort sur la sidérurgie nationale, à Fos, à Florange ou ailleurs, et qu’il continue sans vergogne d’empocher crédits d’impôts et aides publiques, qu’il impose sa loi au nouveau gouvernement, c’est que quelque chose ne tourne plus rond dans la République...

Nous, notre force, c’est notre unité. Unité dans l’égalité des droits. Unité dans le refus de toutes les discriminations sociales, ethniques, religieuses, sexuelles ou territoriales. Nous concevons toutes nos diversités comme le patrimoine commun de toute l’humanité, de chacune et chacun d’entre nous. Nous combattons toutes les aliénations...

Oui, la République que nous voulons vivre pleinement aujourd’hui, c’est la République de l’égalité sociale. « La liberté n’est qu’un vain fantôme quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément », déclamait Jacques l’Enragé à la tribune de la Convention en juin 1793. Face aux féodalités financières, cela demeure d’actualité...

La République que nous voulons vivre, c’est celle d’une citoyenneté pleine et entière...

La République que nous voulons vivre, c’est celle qui bannit le contrôle au faciès. Ces contrôles sont injustes et discriminatoires, et ne sont d’aucune efficacité dans la lutte contre l’insécurité ou la criminalité qui sont présentés comme leur raison d’être...

Et c’est parce que la République dans laquelle nous voulons vivre, c’est plus que jamais la République laïque...

La République dans laquelle nous voulons vivre, c’est au fond celle qui place par-dessus tout le respect de la dignité, de la dignité de chaque femme, de chaque homme, de chaque membre de notre société...

En reconstruisant une société solidaire, nous serons plus forts tous ensemble.

Nous pouvons mettre fin aux divisions et, si nous y arrivons, il n’y aura ni maîtres, ni esclaves mais une société d’hommes et de femmes libres et égaux.

La République est notre bien commun, c’est pour la refonder que nous voulons refonder l’égalité, sans laquelle il ne peut y avoir ni liberté, ni fraternité.

Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous différencie.

Il est temps de décréter à nouveau le salut commun.

Oui, le temps est venu de mettre l’égalité au pouvoir, le temps est venu de proclamer à nouveau la Conjuration des Égaux en marche.

Vive la Liberté, vive l’Égalité, vive la Fraternité ! Vive la République, vive la France ! Et vive le Parti communiste français !

ps :

Refonder la République - Discours de Pierre... par CN-PCF