Ukraine :

Déclaration du PCF


4 mars 2014

Par la voix de son secrétaire national, Pierre Laurent, sénateur de Paris, le Parti communiste français s’est adressé aujourd’hui au président François Hollande pour qu’aucune décision de la France dans la crise ukrainienne ne soit prise sans consultation en amont des chefs de partis et des présidents de groupe au Parlement.

L’Ukraine est sous le feu depuis trois mois d’une lutte sans merci pour le pouvoir de ses oligarchies, toutes plus avides et corrompues les unes que les autres et qui se sont enrichies grâce aux politiques néo-libérales soutenues tant par l’UE que par la Russie.

L’Union européenne, la Russie, les États-Unis par l’intermédiaire de l’OTAN ou directement ont versé dans la surenchère, la démonstration de force et l’escalade militaire. C’est le peuple ukrainien qui est pris au piège entre la peste et le choléra.

Cette logique a pour toile de fond l’enjeu stratégique que représente l’Ukraine pour les grandes puissances qui s’affrontent dans une guerre économique féroce. 70 % du gaz et du pétrole russes transitent par l’Ukraine, et l’Europe représente 90 % des achats de pétrole russe. Ce n’est pas le retour de la Guerre froide à laquelle nous assistons mais bien à un conflit au sein du G8 entre, d’une part, les États-Unis, appuyés par l’UE et servis par l’OTAN, et, d’autre part, la Russie, pour sauver ou conquérir leur place parmi les puissances mondiales.

À l’instar de l’Allemagne qui met en place un groupe de contact, la France devrait jouer un rôle premier pour se démarquer significativement de l’OTAN et pour stopper l’escalade militaire. Le but de la France devrait être de contribuer à un processus qui mène au retrait à terme de toutes les forces militaires étrangères aujourd’hui présentes sur le sol ukrainien.

L’Ukraine ne doit pas servir de « zone tampon » ou de « zone militarisée », unique ou coupée en deux, où Américains, Européens et Russes se jaugeraient sur le dos des Ukrainiens.

La France doit aussi avoir pour objectif premier la mise en place d’un véritable processus démocratique en Ukraine permettant au peuple ukrainien de reprendre la pleine maîtrise de sa destinée.

La nouvelle faction oligarchique aujourd’hui aux affaires projette une élection présentielle le 25 mai dans une situation hautement tendue, où l’extrême droite et les groupes néo-nazis dictent à l’opposition sa ligne politique et font régner la terreur dans le pays.

Ni la France, ni l’UE ne peuvent s’inscrire dans une telle démarche quand il s’agirait au contraire d’aider les forces démocratiques, en butte à la violence de l’extrême droite, à prendre le dessus pour que s’engage un véritable processus de réformes démocratiques, sociales et constitutionnelles. La France devrait appuyer les forces démocratiques et progressistes ukrainiennes qui plaident pour que le peuple ukrainien puisse se prononcer par voie référendaire sur les réformes à engager.

Il faut s’extraire de la logique de guerre et de ce tête-à-tête cynique « Occident » - Russie, et dans l’objectif d’appuyer les efforts de l’ONU et de son secrétaire général qui rencontre aujourd’hui le ministre russe des Affaires étrangères, la France devrait prendre l’initiative d’appeler à la tenue d’une table-ronde sous l’égide des Nations unies et de son conseil de sécurité réunissant autour de l’Ukraine, l’UE, les États-Unis et la Russie devant trouver un accord de sortie politique de crise sur deux points immédiats : l’arrêt de l’escalade militaire et la mise en place du processus démocratique.

La France, enfin, a une responsabilité particulière pour que l’Union européenne revoie de fond en comble ses relations avec la Russie et travaille avec elle à l’élaboration d’une politique de voisinage qui dépasse les tensions et ruptures du passé par la mise en place d’un partenariat de haut niveau fondé sur des échanges économiques, politiques et culturels dans un cadre de sécurité commune qui appelle au retrait des forces armées étrangères de l’Ukraine.

La France doit parler d’une voix qui lui est propre pour la paix et la démocratie.


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Posté le mardi 11 novembre 2014 par Colas BREUGNON
Ukraine ... courage

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; ce n’est pas de subir la loi du mensonge triomphant qui passe. » (Jaurès)

Grâce à l’accord d’association UE-Ukraine, l’interdiction de culture des OGM dans ce pays va être levée. Et oui, bingo pour Monsanto et autres multinationales euro-atlantique.

Selon un rapport de l’Oakland Institute – basé en Californie – l’ouverture aux OGM de l’Ukraine est une des conditions des « prets » du FMI :

« alors que l’Ukraine n’autorise pas l’utilisation des OGM dans l’agriculture, l’Article 404 de l’accord avec l’UE, en rapport avec l’agriculture, inclut une clause qui est généralement passée inaperçue : cette clause indique, entre autres, que les deux parties vont coopérer pour étendre l’utilisation des biotechnologies. Il ne fait aucun doute que cette clause rencontre les attentes de l’agro-industrie.[...] L‘Ukraine, et de manière générale l’Europe de l’Est, sont parmi les marchés en croissance les plus prometteurs pour le géant de l’équipement en matériel agricole Deere, ainsi que pour les producteurs Monsanto et Dupont. »

On comprend bien qu’un pays qui est le grenier à céréale de l’Europe, avec ses riches terres noires ne peut échapper aux appétits des multinationales euro-atlantique, en osant interdire la culture des OGM !

Dès novembre 2013, après que Monsanto ait construit son usine de production de semences « conventionnelles » en Ukraine, six grandes associations de koulaks ukrainiens avaient préparé un projet d’amendement à la loi, poussant à « créer, tester, transporter et utiliser des OGM dans le cadre de la législation sur les semences génétiquement modifiées », amendements dont les termes coïncident avec l’accord d’association UE-Ukraine.

Le mois suivant, à la conférence U.S-Ukraine à Washington, le porte parole de Monsanto déclarait :

« Notre compagnie considère comme essentielle la création d’un environnement favorable, qui encourage l’innovation et émule le développement continu de l’agriculture. L’Ukraine a l’opportunité de développer encore plus le potentiel des cultures conventionnelles, là où nous concentrons actuellement nos efforts. Nous espérons aussi que, le moment venu, la biotechnologie sera un outil disponible pour les agriculteurs ukrainiens dans le futur ».

Coordination exemplaire ! Nooon ?

On croirait entendre un discours de Xavier Beulin, l’oligarque parrain du syndicat des koulaks français.

A l’évidence, l’installation de la junte fasciste par un coup d’état soutenu par l’UE, les USA et l’OTAN constitue un environnement favorable pour les multinationales. [...] Les prêts massifs accordés par le FMI et la Banque Mondiale, à une économie ukrainienne ruinée, ne sont à l’évidence pas sans condition, notamment à n’en pas douter celles de lever l’interdiction qui pèse sur la vente des riches terres ukrainiennes au secteur privé…

Selon Oakland Institut, les conditions du prêt accordé à l’Ukraine par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont déjà conduit à « un accroissement des investissements étrangers, qui entraînera probablement une expansion des acquisitions de terres agricoles sur une grande échelle par des compagnies étrangères et une future privatisation de l’agriculture du pays »

In mémoriam :

« La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre » [ Yves LACOSTE ]

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » [ Jean JAURES ]

« L’impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où l’exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes. » [ Vladimir Iliitch OULIANOV ]

« Les gens les plus dangereux à cet égard sont ceux qui ne veulent pas comprendre que, si elle n’est pas indissolublement liée à la lutte contre l’opportunisme, la lutte contre l’impérialisme est une phrase creuse et mensongère. » [ Vladimir Iliitch OULIANOV ]

Posté le mardi 11 novembre 2014 par Colas BREUGNON
Pierre LAURENT, l’UKRAINE et Ponce Pilate

« tête-à-tête cynique « Occident » - Russie »

Le schéma est un peu simple, très liquide comme le savon avec lequel on se lave les mains.

Pour mémoire :

Le 14 octobre dernier, dans un silence assourdissant des principaux médias français, les fascistes ukrainiens pro-UE ont défilé boulevard Kreschiatik pour célébrer les armées fascistes ukrainiennes (UPA, OUN…) qui durant la seconde guerre mondiale ont collaboré avec les nazis et réclamer leur reconnaissance avant de lancer une émeute contre le parlement.

Les nazis ukrainiens souhaitaient ainsi célébrer l’anniversaire de la création de l’UPA de Stepan Bandera. Les nationalistes de l’UPA et de l’OUN sont considérés par nombre d’historiens et de témoins comme participants au génocide nazi et plus spécialement à l’extermination des Polonais de Volhynie en 1943. En 2010, le Centre Simon-Wiesenthal a dénoncé, dans une lettre adressée à l’ambassade ukrainienne aux États-Unis, l’attribution du titre de Héros de l’Ukraine à un « collaborateur nazi responsable du massacre de milliers de Juifs pendant la guerre de 1939-1945 »

In mémoriam :